À la recherche d’un autre Accord de Paris qui mettrait fin au plastique à usage unique

Les délégations de 175 pays se réunissent, depuis lundi dernier et jusqu’à dimanche prochain, au siège du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à Nairobi lors d’une nouvelle réunion du Comité de négociation intergouvernemental (CNI) sur la pollution plastique.

La création de l’INC a été décidée dans le Assemblée des Nations Unies pour l’environnement l’année dernière, et a depuis tenu deux réunions, dont une en novembre de l’année dernière à Punta del Este (Uruguay) et un autre ce printemps à Paris. L’objectif des Nations Unies lors de cette troisième réunion est de parvenir à un accord international pour réduire la production de plastique et prévenir la pollution qu’il génère en tant que déchet.

Chaque année environ huit millions de tonnes de ce matériau, qui peut rester dans l’environnement depuis plus de mille ans. Ce traité international, inspiré du célèbre Accord de Paris sur le changement climatique, devrait également devenir un instrument juridique juridiquement contraignantavec des objectifs à court et moyen terme et des mesures concrètes pour les atteindre.

Le président du Kenya, William Ruto, ouvrant la réunion de l'ONU.  (EFE/Daniel Irungu)

Le chef de la délégation de l’ONU, Inger Andersendirecteur du PNUE et adjoint du secrétaire général, a déclaré lors de la journée d’ouverture lundi dernier que le traité issu de la réunion doit faire référence à «tout le cycle de vie du matériau et pas seulement son recyclage ou la gestion que nous faisons de ses déchets. A cet effet, il a encouragé les représentants de l’industrie présents à la réunion « à être acteurs de ce changement et repenser complètement la façon dont nous utilisons les plastiquesà commencer par l’élimination de tous ceux qui sont inutile et dénué de sens».

Une pollution galopante

Malgré les tentatives de contenir sa production et raisonner son utilisation La vérité est que la fabrication de ce matériau continue augmentant d’année en année. Selon le rapport Perspectives mondiales du plastiquede la Organisation pour la coopération et le développement économique(OCDE), actuellement produit chaque année 460 millions de tonnes de plastiques.

Malgré l’augmentation de l’utilisation de plastique recyclé, la majorité de ce qui est actuellement mis sur le marché provient de polymères vierges ou primaires : c’est-à-dire fabriqué à partir de pétrole. Un chiffre qui pourrait dépasser 1 milliard de tonnes d’ici 2050. Pour autant, outre la grave pollution causée par son abandon dans l’environnement, la production de plastique et sa gestion comme déchet représentent le 3,6% des émissions de gaz à effet de serre (GES) liés au changement climatique.

espace réservé La pollution plastique est totalement incontrôlée.  (EFE/M. Nagi)

D’après l’étude du OCDE le volume de déchets de ce matériau a doublé au cours des 20 dernières années jusqu’à dépasser 400 millions de tonnes. On estime qu’il existe actuellement 30 millions tonnes déposées dans la meret plus d’une centaine accumulé dans les rivièresce qui implique que le fait d’entraîner tout ce plastique dans les océans continuera pendant des décennies, même dans le cas hypothétique où sa production pourrait être arrêtée immédiatement.

De ce fait, la délégation de Paix verte présents à la réunion ont exigé lors d’une conférence de presse que le traité mondial sur le plastique « établisse des objectifs contraignants, clairs et concrets pour réduire la production plastique dans au moins 75% d’ici 2040». Pour l’organisation environnementale « la planète a besoin d’un traité ambitieux et contraignant qui mette fin à la production et à l’utilisation de ce dérivé pétrolier et mettre fin une fois pour toutes l’ère du plastique».

espace réservé Manifestations contre la pollution plastique lors de la réunion de Nairobi.  (EFE/Daniel Irungu)

Une proposition qui comprenait le soutien de centaines de militants qui a manifesté au début du sommet dans les rues de la capitale kenyane contre la production massive de plastiques dans un marche organisée par l’alliance internationale Libérez-vous du plastiquequi rassemble plus de 12 000 ONG et des militants écologistes du monde entier.

Ennemis unis par le plastique

Devant eux, le hall d’entrée de l’industrie pétrochimiquereprésenté par le Conseil international des associations chimiques qui regroupe la majorité des industries du secteur, et les principaux pays producteurs, comme Chine, États-Unis, Iran, Arabie Saoudite ou Fédération de Russiequi, bien qu’ils soient durement opposés sur la scène géopolitique, n’hésitent pas à unir leurs efforts et à faire front commun dans ce cas, promouvoir et exiger que les délibérations sur le futur accord se concentrer sur l’amélioration de la gestion des déchets et augmenter les taux de recyclage, et non en réduisant la production.

Ce troisième réunion du CNI sur la pollution plastique intervient deux semaines avant le début de la polémique Sommet sur le climat de Dubaï (COP28), dans lequel il devrait également être débattu l’avenir des combustibles fossiles et ce sera, étonnamment, présidé par le PDG de la compagnie pétrolière entreprise publique des Émirats arabes unis, l’une des plus grandes au monde.

Pour les organisations faisant partie de l’alliance internationale Libérez-vous du plastiquecompte tenu de la contribution croissante du plastique et des produits pétrochimiques à l’augmentation des émissions de GES, l’alignement de tout pays sur les efforts d’obstruction du lobby des producteursavec Iran, Arabie Saoudite et Russie devant, contredirait le engagements internationaux nécessaires pour faire face à la triple crise mondiale à laquelle est confrontée la planète : la changement climatiquela pollution plastique et la perte de biodiversité.

Les délégations de 175 pays se réunissent, depuis lundi dernier et jusqu’à dimanche prochain, au siège du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à Nairobi lors d’une nouvelle réunion du Comité de négociation intergouvernemental (CNI) sur la pollution plastique.